En Entendant l'Auteur

semaine du théâtre et de l'écriture
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Les créations


Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 19:44

 

    L'impératif présent

     de Michel Tremblay

 

Compagnie Les Labyrinthes, mise en scène : Gérard David – avec : Jean Bédouret, Frédéric Kneip – lumières / décors : Elvis Artur – costumes : Anne Vergeron

Trente-deux ans plus tôt, déjà, dans la pièce Le Vrai monde ? le père et le fils confrontaient leurs hargnes, grattaient leurs plaies réciproques et, à coups de malentendus, s’installaient dans la haine.

Dans L’Impératif présent, Claude est un dramaturge reconnu et le père, Alex, un vieil homme que la maladie d’Alzheimer livre aux monologues cathartiques de son fils.

Dans le cadre québécois du Plateau Mont-Royal et de sa langue populaire, le joual, Michel Tremblay a repris, au théâtre, l’invention géniale de Balzac : le retour des personnages ; d’une œuvre à l’autre, leurs voix se croisent, leurs vies s’amplifient de toutes les modulations de la comédie humaine.

Ainsi, pour le fils, l’écrivain, s’agit-il, cette fois, dans une ultime rencontre, d’en finir avec la rage et le mépris ; le corps abandonné du père, chair sans pensée, invite à la pitié et au pardon. Mais le fils peut-il se déprendre d’une haine qui est sa raison d’écrire ?

L’Impératif présent est une œuvre en diptyque où Michel Tremblay renvoie face à face la solitude de deux consciences blessées, irrémédiablement. Sous le signe du miroir, la construction de la pièce nous place magistralement au cœur des mécanismes de l’incompréhension, de l’erreur de jugement, des cruautés domestiques, de pathétiques quêtes de reconnaissance. Par cette composition et les écarts d’une langue populaire, Michel Tremblay pose, avec une extrême sensibilité, avec humour et ironie la question de la vérité des êtres. Sous l’apparence du réalisme et de la trivialité, il réinvestit toutes les forces du tragique : la catharsis, la pitié, le sacrifice, Œdipe même, sauf que le sphinx est en fauteuil roulant.

Le mercredi 8 à 21H00, jeudi 9 à 20H00 et vendredi 10 à 21H30, salle de la Glacière

 

    3 Pièces

     de Fanny Mentré

Compagnie Le Rat Bleu, mise en scène : Clémence Paquier – avec : Djemel Ait Taleb, Marion Hourcq, Vanessa Oltra, Paul Perez – lumières : Elvis Artur – musiques : Romain Le Roux

“Ça commence toujours comme ça.” Le temps passe : il exécute sa partition.

“Au début c'était rigolo.” L'espace qui nous entoure n'a plus de frontière : on se croirait à New York mais on est à l'autre bout du monde.

Puis le silence se met à parler, il semble dire : “Y'en a eh ben ceux là y feraient mieux de fermer leur gueule.”

3 pièces = 3 temps = 3 textes de Fanny Mentré = Vieillir + Chambre 78 + Le silence de mon frère

À travers les aléas d'un couple, les angoisses d'une mère et la barbarie d'un frère, l'auteur pointe du doigt la progression de la banalité dans nos vies et dresse un état des lieux de notre rapport à l'autre.

Dans ces 3 micro-sociétés, les contradictions des uns font les heureuses coïncidences des autres. L'important interroge l'accessoire et vice versa.

Alors, on peut se demander comment l'absence d'une mère engendre une crise familiale, révélatrice d'une autre crise plus ample, celle de la société dans laquelle on vit.

On s'interroge sur la théâtralité de ce lieu où le jeu fait écho au récit, où le dialogue s'engouffre dans le fantasmé, où deux êtres se rencontrent dans un rêve et se séparent dans la vraie vie.

À quel âge peut-on faire de la trottinette?

Le bébé est-il chez lui dans mon ventre?

Zorro a-t-il tout dit à Bernardo? Et vice versa?

Quand va-t-on enfin rentrer chez soi?

Le mardi 7 à 21H00, jeudi 9 à 21H30 et vendredi 10 à 20H00, salle de la Glacière

 

 

 

Publié dans : Les créations - Par eeauteur
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